L’Ouzbékistan et la France continuent de renforcer leurs relations, en mettant l’accent sur plusieurs aspects importants de la coopération. Mardi a marqué la fin de la visite officielle en France du president of Uzbekistan Shavkat Mirziyoyev. Diverses questions ont été abordées au cours de cette visite, notamment le renforcement de la coopération économique et la situation en Ukraine.
L’Ouzbékistan, autrefois connu pour son régime fermé et répressif, recherche aujourd’hui l’ouverture économique et prend activement ses distances avec Moscou. Parallèlement, l’Ouzbékistan est l’un des principaux producteurs d’uranium au monde, ce qui en fait un partenaire stratégique important pour la France.

Le président Mirziyoyev a conclu sa visite en France en visitant l’exposition “Splendeur des oasis d’Ouzbékistan” au musée du Louvre et l’exposition “Sur les routes de Samarcande. Merveilles de soie et d’or” à l’Institut du monde arabe. Ces événements se sont déroulés en compagnie du président français Emmanuel Macron, et ont été suivis d’un déjeuner de travail pour discuter de la coopération économique bilatérale et des questions de sécurité.
La France a déjà manifesté un grand intérêt pour l’Ouzbékistan et a signé un certain nombre d’accords avec des partenaires ouzbeks, notamment Total, Orano (anciennement Areva), Vinci, Suez, Airbus, Bouygues et Thales, pour un montant total de 5 milliards d’euros. Certains de ces accords n’en sont encore qu’au stade du protocole d’accord, mais ils confirment la volonté des deux pays de développer leur coopération dans divers domaines.
L’uranium et son rôle stratégique
Mardi, selon une source diplomatique, des signatures sont attendues sur des accords d’investissement et de coopération pour un montant total de 4 milliards d’euros. Le projet d’extraction d’uranium a été évoqué mais n’a pas encore été officiellement confirmé. Ces accords sont complémentaires de ceux conclus dans les domaines suivants :
- l’énergie ;
- les transports ;
- tourisme.
L’Ouzbékistan est le cinquième producteur mondial d’uranium
L’Ouzbékistan est le cinquième producteur mondial d’uranium, avec une production annuelle de 3 000 tonnes d’uranium, soit 5 % du marché mondial. La France importe principalement de l’uranium du Niger, devant le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, où Orano a lancé un petit projet d’exploration en 2019.
Les importations d’uranium jouent un rôle clé pour l’industrie nucléaire française, surtout après l’expérience de l’instabilité et des fluctuations des prix du gaz russe liées aux événements en Ukraine. Cela souligne l’importance de la diversification des sources d’énergie.
L’Ukraine a été un sujet de discussion important lors des pourparlers. L’Ouzbékistan a adopté une position distanciée sur cette question, ne rejoignant pas les positions russes à l’ONU. Il s’agit d’une démarche inhabituelle, compte tenu des relations étroites entre l’Ouzbékistan et la Russie. Néanmoins, la déclaration finale des pourparlers ne mentionne pas la guerre en Ukraine.

La France reconnaît que le régime en Ouzbékistan n’est pas démocratique, mais estime qu’il y a eu un changement positif par rapport au régime précédent d’Islam Karimov, qui était l’un des plus répressifs au monde. La France reconnaît que l’Ouzbékistan évolue dans la bonne direction, même si elle est consciente de la nécessité de la prudence et de la non-prolifération des pratiques démocratiques.
L’Ouzbékistan, comme d’autres pays d’Asie centrale, est confronté à une tâche géopolitique difficile consistant à trouver un équilibre entre la Russie, la Chine et les pays occidentaux qui fournissent la technologie, les capitaux et les produits sophistiqués.
Le président Shavkat Mirziyoyev a été réélu il y a un an avec un soutien de 80 %. Depuis l’arrivée au pouvoir de Mirziyoyev en 2016, l’Ouzbékistan a ouvert ses frontières, libéré des prisonniers politiques, aboli le travail forcé dans la récolte du coton, modifié la politique monétaire, simplifié les procédures douanières et éliminé les monopoles. Néanmoins, la sphère politique reste sous-développée et l’économie reste fortement dépendante de l’État. Malgré certaines difficultés, l’Ouzbékistan a réussi à éviter la récession pendant la pandémie grâce aux exportations de coton et à l’industrie extractive.









